Société de services et architecture des services
Medialis : Un regard sur les Gérontechnologies
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Au vu de l’évolution de notre société industrialisée en une véritable « société de services », la conception des résidences de personnes âgées dépendantes se transforme pour englober un éventail de services rendus à la personne, à commencer par lui procurer un logement adapté.
En effet, il est désormais question de véritable logement, intégrant une salle de bain et une kitchenette, pouvant être privatisé et fermé à clefs, et qu’il est possible d’aménager en personnalisant son mobilier. Si la réglementation considère les chambres en maison de retraite comme domaine privatif organisé autour de services communs, les usages et les normes de conception doivent encore être revus notamment pour adapter à la hausse la surface minimale des logements, toujours inférieure à la moyenne des logements dans les pays nordiques. Cette notion de service transcende et constitue une philosophie de la conception architecturale des établissements d’accueil.
L’architecture d’aujourd’hui, libérée de ses codes du siècle dernier, doit permettre d’assurer un service complexe, d’autonomie, de confort, de relation sociale et d’intergénérationnalité, mais également de confort thermique et sensible, d’apaisement psychologique et de soutien global à la prise en charge de la dépendance rendue en institution spécialisée.
Le service à l’autonomie : une liberté préservée
L’architecture des programmes d’accueil ne relève plus strictement d’un aménagement physique, mais est constituée d’un ensemble de services architecturaux et programmatiques : la notion de service architectural à l’autonomie des personnes répond donc à des critères de conception au-delà de la maîtrise technique, afin d’offrir un cadre global libéré de tout handicap et de tout obstacle, cela bien au-delà de la stricte « accessibilité physique » d’un lieu.
L’autonomie répond alors à un ensemble de critères, permettant, facilitant et encourageant l’indépendance des personnes, mais également les assistant dans l’exploitation optimale de leur potentiel physique au travers de la conception réfléchie des équipements, des circulations assistées et protégées, des sanitaires adaptés et dont l’accessibilité normative est renforcée de dispositifs adéquats (barres de maintien ergonomiques supplémentaires, renforcement du dispositif de maintien de part et d’autres de l’évier, etc.). Ces mesures permettant de sécuriser les personnes en perte de contrôle physique mais pas encore dépendante, et de maintenir l’autonomie le plus longtemps possible.
L’autonomie rime également avec intimité et indépendance, et le service apporté par une analyse et une conception soignée du cadre de vie, du logement constituant la base même de l’intimité offerte, passe par une conception des espaces permettant le choix du degré des relations sociales et le degré d’implication de chaque personne dans l’institution (espaces semi privatifs, espaces communs de proximité, espaces communs principaux, aménagement de percées et de transparences permettant de participer par le seul contact visuel à la vie de la communauté, etc.).
Le service de confort thermique : vers un développement durable
Pareillement, la notion de « bien-traitance architecturale » dénote d’un service de confort rendu, thermique et sanitaire, où l’usage de l’éclairage et de l’ensoleillement est maîtrisé, et contribue pleinement à l’identité même du projet d’accueil. Les 15 000 décès prématurés de l’été 2003 ont montré l’impact de la conception architecturale sur la santé publique et l’importance de la prise en compte de cahiers des charges exigeants et innovants, qui tendent vers une architecture durable, mieux adaptée sur le plan énergétique et climatique (dans le cadre de démarches de Haute Qualité Environnementale).
La notion du service de confort thermique et sanitaire tient compte autant de la conception spatiale de l’architecture, et l’introduction de la lumière naturelle et l’ensoleillement dans les espaces de circulation qui deviennent de véritables lieux de vie et de rencontre, les logements et les espaces d’activités, que de la prise en compte d’un éventail de mesures thermiques et de climatisation, par la conception d’espaces ventilés naturellement et d’espaces climatisés mécaniquement à des températures différentes. La prise en compte d’un volet environnemental complet, inscrivant les réalisations architecturales dans une démarche de conception durable et respectueuse de l’environnement, contribue par plusieurs points à l’amélioration du confort thermique et d’usage de la structure, au-delà des avantages économiques et écologiques.
Ainsi, l’isolation thermique, l’orientation et l’ensoleillement, le rapport au site et l’implantation des espaces, le traitement végétal et la relation aux jardins, les matériaux, etc. constituent autant d’aspects de traitement innovants et de confort dans la définition d’une conception architecturale adaptée.
Service évolutif adapté et gérontechnologie
Pour une prise en charge optimale des personnes âgées, que le lieu de vie soit un appartement aménagé pour le maintien à domicile jusqu’à un logement privatif en résidence collective, la dimension évolutive est essentielle pour accompagner la personne âgée tout au long de son parcours.
Des options de cahiers des charges applicables à des scénarii d’évolution de la dépendance et de la perte d’autonomie, offrent la possibilité de garder le résident dans son cadre personnel, et de ne pas déraciner la personne âgée à des moments de son parcours où la perte progressive d’autonomie et le gain en dépendance la rend vulnérable.
La domotique agissant sur le cadre du maintien à domicile au même titre que la gérontechnologie de service à la personne sur le cadre de l’établissement spécialisé, permet d’envisager la relation de la personne avec son environnement architectural, avec l’équipe soignante et avec l’ensemble des résidents, de manière à apporter une constance nécessaire, et un repère de grande valeur. Ce service évolutif de maintien de la personne âgée en gain de dépendance dans son contexte initial, apporte un confort inestimable, et contribue au changement d’attitude radicale vis-à-vis des soins et services offerts en institution. La conception architecturale se doit de relever pleinement le défi de la domotique, afin de contribuer à son acceptation, et d’accélérer la mise en situation de ses différents scénarii, en s’appuyant notamment sur Médialis (www.medialis.info), premier bureau d’études français expert de l’autonomie. Il lui sera ainsi possible d’intégrer la domotique au même titre que les points de raisonnement environnementaux (HQE) dans les processus de conception et de programmation.
Cet article a été essentiellement rédigé par Walid GHANEM, architecte DPLG, fondateur de l’agence AWGA (www.awga.fr), spécialiste du secteur médico-social, et de la notion d’accessibilité tout particulièrement.





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