DOSSIER : Les ergomètres, des gérontechnologies au service du « bien vieillir »
[l'actualité des gérontechnologies et des technologies pour l'autonomie]Face au vieillissement de la population, la question du « bien vieillir » est au centre des préoccupations. Conserver son indépendance et une bonne qualité de vie devient un enjeu majeur de notre société. Or, au quotidien, le degré d’autonomie et le « bien vieillir » sont conditionnés à la fois par le niveau de condition physique des personnes âgées et par le degré d’efficience de leurs fonctions exécutives. Avec l’avancée en âge, une altération de la condition physique est fréquente, marquée par la décroissance de la capacité cardiorespiratoire (consommation maximale d’oxygène à l’effort) : le VO2max.
Le VO2 max diminue en moyenne de 10% par décade à partir de 20-30 ans et est réduit de moitié à partir de 75 ans pour atteindre des valeurs inférieures au seuil d’autonomie (Hawkins et Wiswell, 2003), estimé respectivement à 18 et 15 mlO2/kg/min chez l’homme et la femme âgée de 85 ans (Paterson & al., 1999). Cette diminution est expliquée en partie par les changements au niveau du corps lui-même (augmentation de la masse grasse et diminution de la masse musculaire) et au niveau des grandes fonctions physiologiques impliquées dans le transport de l’oxygène (fonctions cardiovasculaires et pulmonaires) et dans son utilisation (fonction musculaire) accompagnant l’avancée en âge. Ces changements au niveau musculaire pourraient être en relation avec les risques de chutes et de blessures constatés chez les aînés. Conjugué à la diminution de la condition physique, le processus de vieillissement s’accompagne de l’amoindrissement du degré d’efficience du fonctionnement exécutif (ensemble des habiletés nécessaires à la planification, l’organisation et la régulation des réponses cognitives et comportementales).
Permettre aux aînés de s’impliquer régulièrement dans des activités physiques et sportives est donc nécessaire. Outre son incidence positive sur la santé physique, la participation à des programmes sportifs pourrait avoir un impact sur la vitalité cognitive des personnes âgées via l’amélioration de la forme physique, ainsi que sur la diminution de la charge des aidants professionnels (aides soignantes, …). L’existence d’une telle relation entre condition physique et fonctions exécutives a été soulignée par certains chercheurs.
A cet effet, des technologies de remise en forme accessibles aux aînés, telles que les ergomètres (ergocycles) pourraient être utilisées et mises à disposition au sein des institutions. Les ergomètres sont des appareils utilisés le plus souvent pour les épreuves d’effort et se présentent comme des outils efficaces, pertinents pour le réentraînement, la rééducation motrice et la réadaptation des personnes en perte d’autonomie. Ils fournissent habituellement divers renseignements tels que la fréquence cardiaque, la tension artérielle, la durée de l’effort, la distance parcourue, la vitesse de réalisation, et les calories brûlées.
Divers catégories d’ergomètres existent :
- Le modèle basique, qui permet un retour quant à la force de pédalage en watt.
- Un modèle plus sophistiqué, qui offre la possibilité de sélectionner à l’avance l’effort à fournir en watt (ajustement de la résistance). Les appareils les plus sophistiqués peuvent également moduler cette résistance et ainsi permettre le maintien de l’exercice à l’intensité escomptée, prescrite par le médecin ou le spécialiste.
- Par ailleurs, certains ergomètres disposent de différents modes de travail offrant la possibilité de travailler indépendamment ou simultanément, de façon passive ou active, les membres supérieurs et inférieurs, souvent par le biais d’un moteur.Ces équipements peuvent enfin être munis de dossiers ergonomiques, afin de répondre aux besoins de confort et de maintien de la colonne vertébrale des utilisateurs.
De telles technologies de remise en forme permettent, par conséquent, d’adapter la séance d’exercice aux capacités et aux spécificités des utilisateurs. Elles s’adressent aux personnes âgées présentant ou non diverses incapacités et déficiences et peuvent être recommandées pour la physiothérapie ou la réhabilitation, grâce à leur contribution à l’amélioration de différentes composantes de la condition physique (forme physique cardiorespiratoire, fitness musculaire, composition corporelle,…). Par conséquent, ces technologies permettent de diminuer les risques d’atrophie musculaire et participent ainsi à l’amélioration de l’équilibre des personnes. Elles visent également à l’amélioration de la circulation du sang et au développement de l’énergie des sujets et de leur résistance à l’effort (capacité cardiorespiratoire).
Source : Medialis
[l'actualité des gérontechnologies et des technologies pour l'autonomie - 4 janvier 2008 ]



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